PROCESS
OVER
OBJECTS
Espace Parallèle
Paris, France
Du 19 au 22 février 2026, Saints la nuit et Lacase contemporaine présentent Process Over Objects, une exposition collective commissariée par Nour Tournier et Ronan Debosque. Les artistes Estèla Alliaud, Eric Baudart, Sofía Bonilla Otoya, Sarah Cotelle, Ronan Debosque, Antonin Detemple, Clément Grimm, Adrien Lagrange, Maya Le Bars, Inès Machfar, Capucine Merle, Mia Mongiello et Clément Schaab y embrassent les ruines à l’envers comme tant de potentiels d’habiter le contemporain.


Clément Grimm, Funny How Secrets Travel, 2026 © Ronan Debosque
L’entropie va toujours croissant. Issue de la thermodynamique, cette notion devient paradigme de l’époque : elle est la loi universelle de la dégradation inéluctable des systèmes. Si tout ce que nous connaissons aujourd’hui est amené à se dégrader, malgré chaque tentative de stabilisation matérielle et illusion d’ordre pérenne, alors tout n’est qu’un sursis éphémère avant la re-négociation des formes.
Process Over Objects est née de ce constat physique dans sa réalité humaine. Face aux délitement de nos repères historiques et à l’impossibilité de projection qui en résulte, l’exposition propose d’habiter l’instabilité pour ne plus la craindre : « everything’s dissolving, babe, according to plan »**.


Vue de l'exposition © Ronan Debosque
Les œuvres réunies emportent avec elles la précarité des formes et de la matière en explorant l’entropie comme moteur poétique et critique du dérèglement. Certaines s’altèrent visiblement, se déplacent et se recomposent. D’autres resteront les mêmes à l’échelle de nos vies humaines, fragilisant dans la durée les notions d’équilibre précaire et de progrès linéaire. Elles ne posent pas de problèmes car elles refusent l’illusion de buts. Elles sont des monuments de l’effondrement, héritières d’une nouvelle conscience du léthargique et de l’idéal.
La monstration est pensée in situ dans un lieu condition du temps. Traversé par les mêmes contradictions que l’atelier, il est un espace de construction et de destruction simultanées, où l’ordre et le chaos cohabitent sans jamais se résoudre.

De gauche à droite : Elsa De Smet, Antonin Detemple, Pierre Uzan © Ronan Debosque
TALK AVEC ANTONIN DETEMPLE, ELSA DE SMET ET PIERRE UZAN

De gauche à droite : Elsa De Smet, Antonin Detemple, Pierre Uzan © Ronan Debosque
TALK AVEC ANTONIN DETEMPLE, ELSA DE SMET ET PIERRE UZAN
Dans le cadre de l’exposition, l’artiste Antonin Detemple, la docteur en histoire de l’art et spécialiste des études visuelles Elsa De Smet et le docteur en philosophie des sciences Pierre Uzan sont invités à dialoguer sur la notion d’entropie et ses potentiels dans la création contemporaine.
Pensée comme un espace de dialogue entre science et création, l’Entropic Talk propose d’aborder la notion non seulement comme un principe physique, mais comme une expérience sensible, quotidienne et profondément humaine.
Une discussion à (ré)écouter en ligne ici.
Antonin Detemple (né en 1990 à Strasbourg) est un artiste plasticien qui explore les interdépendances entre l'humanité et le vivant à travers une pratique nomade et multidisciplinaire, utilisant la fiction spéculative pour interroger l'impact de nos mythes globaux sur la transformation de la biosphère.
Elsa De Smet est historienne de l’art, spécialiste en études visuelles. Elle est l’autrice de plusieurs ouvrages dont Voir l’Espace : astronomie et science populaire illustrée (1840-1969) publié en 2016 aux Presses Universitaires de Strasbourg (PUS) et Voir sans limites : sciences, techniques et esthétiques des origines, paru en 2025 aux éditions Mimésis. Elle est actuellement Responsable du Pôle des Publics et de l'Action culturelle au Centre Pompidou-Metz.
Pierre Uzan est un docteur en philosophie des sciences, enseignant-chercheur associé à l’Institut Catholique de Paris au sein de l'Unité de Recherche « Religion, Culture et Société ». Il est chercheur associé au laboratoire CHArt (Cognition Humaine et Artificielle), unité interdisciplinaire associant l'Université Paris 8, l'EPHE et l'UPEC. Il s’intéresse aux interfaces entre les systèmes cognitifs et les cadres théoriques de la physique.
Saints la nuit et Lacase contemporaine adressent leurs plus sincères remerciements à Maxime Talleu, responsable de la production artistique, et aux équipes d’Espace Parallèle les ayant accueillis.
*centre d’art itinérant dédié à l’exposition et à l’expérimentation de la création contemporaine fondé par Ronan Debosque
**celles qui adviennent plutôt que celles qui restent, cf Robert Smithson (1938-1973)
***Nick Cave & The Bad Seeds, Abattoir Blues


